Le mouvement Slow flowers, c’est quoi?

Photo by on Unsplash

La rapidité est sublime, et la lenteur majestueuse.

Antoine de Rivarol

Le mouvement Slow flowers est de plus en plus présent dans le monde horticole français. D’inspiration anglo-saxonne, il met en avant l’usage de fleurs locales et de saison. Cette tendance fait la part belle aux fleurs françaises, dont l’enjeu est de ré-éduquer sur des habitudes de consommation saines et locale, inciter à acheter différemment, de façon raisonnée et plus écologique.

Ce qu’on trouve actuellement

Il faut savoir que 9 fleurs sur 10 achetées en France proviennent de continents voisins. Ces fleurs doivent parcourir de nombreux kilomètres par avion réfrigéré (gestion de l’urgence et du frais) avant d’être acheminées par des camions réfrigérés jusqu’à un grossiste, puis stockées chez un fleuriste… en chambre froide. Tout ceci génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre.

On notera également une incidence écologique importante liée notamment à l’usage d’engrais, d’eau et de pesticides, ne possédant pas les même normes qu’en France, dont on retrouvera des traces dans l’eau, dans l’air et biodiversité en général. Leurs divers usages et les méthodes utilisées ne sont pas toujours très réglementaires, ni vraiment écologiques. C’est une vraie bombe à retardement pour la planète. Pour exemple, un bouquet de roses importées (60kg de CO2) équivaut à un trajet Londres-Paris en avion (58kg de CO2).

Enfin, il est rare qu’une traçabilité puisse être vérifiée concernant les conditions de travail des producteurs, ainsi que l’utilisation de ces nombreux engrais qui ont un impact direct et non négligeable sur la santé des travailleurs de la filière à l’étranger. 

Ce qu’on voudrait trouver

Le monde entier se tourne depuis quelques années vers des circuits cours et locaux. Il est indispensable de privilégier les producteurs français pour se fournir en fleurs coupées, et de réduire au maximum les intermédiaires. C’est sans préciser l’importance de préserver le savoir-faire français, afin de ne pas voir disparaître drastiquement des emplois dans toute la filière horticole. Il n’est pas forcément évident de travailler 100% avec des fleurs françaises, mais quand on sait qu’actuellement 90% des fleurs coupées viennent de l’étranger, travailler ne serait-ce que 50% de fleurs françaises est déjà un exploit.

Nous pouvons désormais retrouver le bon goût des fruits et légumes locaux et de saison; des tomates savoureuses, des clémentines bien juteuses. Et bien je voudrais retrouver le parfum des fleurs, la diversité des variétés et le plaisir d’un bouquet composés de fleurs fraichement cueillies, parce que c’est leur saison de floraison. Soutenir la filière horticole française, c’est aussi s’assurer un avenir plus riche en variétés de fleurs, de fleurs rares, de fleurs ultra-fraîches et de qualité, tout en soutenant le commerce local et en permettant aux petits producteurs de vendre au juste prix. 

Acteurs du changement (liste non exhaustive of course)

Le collectif de la fleur française est une association qui a pour vocation de soutenir une agriculture plus responsable et de faire évoluer les pratiques de consommation. L’annuaire Slow flower est un réseau français qui identifie, présente, localise les fermes aux fleurs, les fleuristes, les acteurs engagés en faveur de cette révolution florale. Tous ont recourt à minima à 50% de fleurs françaises, locales et de saison. Elles sont cultivées le plus naturellement possible.

Fleurs d’ici, la première marque éthique, 100% fleurs françaises.

Le jolie atelier de Tiphaine fondatrice de Les bottes d’anémone dans le Golf du Morbihan, aux engagements et aux valeurs fortes en faveur d’une décoration florale éco-responsable (fleuriste d’ailleurs issue d’une reconversion professionnelle).

J’ai conscience que ce n’est pas une démarche facile, car cela implique une certaine organisation. En effet, il faut trouver les producteurs chez qui l’on veut se fournir, en fonction des fleurs qu’il produit, éventuellement de sa géolocalisation. Il faut aussi avoir un annuaire assez fourni pour pouvoir travailler correctement avec une diversité de variétés permettant de répondre à la demande et pouvoir continuer de créer librement. Chaque producteur a aussi son organisation en terme de livraison, la visibilité sur les produits n’est pas toujours évidente (brochures pas toujours à jour), il peut être parfois compliqué de les joindre par téléphone, car toute cette logistique, ce n’est pas vraiment ça leur job en fait.  Il faut donc être motivé, mais je pense intimement que c’est la bonne orientation à prendre, en tout cas c’est dans cette démarche éco-responsable que je souhaite tendre dans ma future activité (oui, quand je serai grande, je voudrai être designer floral éco-responsable). 

J’espère que cet article vous aura inspiré, et peut être aidé à réfléchir à l’orientation que vous voudrez prendre pour votre activité.

A très vite!


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *